Permaculture et agroforesterie

Vendredi 20 novembre, je prends le pli d’une vie ordinaire, je me lève tôt, me promène dans la brousse du domaine à la recherche d’inspirations et de vent frais. 

Je m’imprègne d’une ambiance feutrée où règne le silence lorsque les paysans ne défrichent pas la terre. Je discute avec Raphael, l’agronome du domaine, sur les plantations faites et à venir. Il aura planté plus de 3000 ananas où dans chaque rangée est également planté du soja. C’est un mélange de cultures, c’est ce que l’on appelle la permaculture : optimiser au maximum des plantations pour que chacune échange avec les autres et que la terre reste fertile 365 jours par an.

Permaculture

Lorsque nous nous promenons un peu plus loin des habitations, des champs de maïs nous dominent, des papayers sont plantés et attendent de grandir. Au fond des 3000 mètres carrés de terre, nous pouvons apercevoir des trous, dédiés à l’aquaculture. Toute sorte de végétaux s’établiront autour de ces piscines naturelles. Les poissons qui seront présents permettront une culture des plus naturelles pour nourrir les habitants ponctuels du domaine. Ils pourront tirer profit équitablement par une réconciliation de l’eau avec la terre et transformer la rudesse destructrice en complicité féconde au profit de la communauté.

Beaucoup d’arbres protecteurs aux vertus médicinales ponctuent et nourrissent les cultures. C’est de l’agroforesterie. L’arbre est sacré, il est comme le père de tous, le père des ancêtres.

Agroforesterie

Le soleil est omniprésent, nous attendons la pluie. Ce domaine a pour objectif dans quelques années d’être autosuffisant. Il l’est déjà en électricité par l’installation d’une trentaine de panneaux solaires, et en eau, par la création d’un château d’eau sur un forage. C’est un luxe et une liberté dont nous usons chaque jour et nous remercions Mère Nature pour cela.

Chateau d'eau
Plantation jeune pousse

Même si les plantations potagères, aromatiques et fruitières ne sont qu’au début de leur pousse, Renaud, Carole et moi-même réfléchissons à architecturer au mieux ces espaces de vie. Nous confectionnons le présent et son contenu de manière durable et pérenne afin de continuer l’historie concrète de tous ces hommes et femmes de cette terre. Nos ancêtres vivaient des fruits et animaux sauvages abondants. L’eau abondante offrait aussi aux pêcheurs de nombreux poissons. Nos ancêtres cultivaient de petites parcelles autour des arbres. Puis, ils ont brûlé et déraciné les arbres, et les parcelles sont devenues plus grandes. Les bêtes devenaient dangereuses, il fallait brûler les terres où les serpents régnaient. Les hommes s’unissaient et les échanges entre les peuples commençaient. Aujourd’hui, je constate que chacun devient jaloux de ce que l’autre possède. Je savais que, pur l’avoir vu ailleurs, pour vivre bien, il faut vivre caché. Nous avons affaire à un monde corrompu.


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