A la source des informations

Tandis que le maïs pousse sur le terrain défriché, nous avons profité d’un séjour au Bénin pour collecter de nombreuses informations qui nous aideront à cadrer précisément le projet.

Le terrain

Lorsque nous avons revu le terrain dépourvu de sa broussaille, nous avons pu mieux appréhender ses caractéristiques : sa forme, sa pente, son orientation, son environnement, … C’est ainsi que la légère pente qu’il présente nous permet de déterminer l’emplacement du futur château d’eau au niveau le plus haut. Les petites collines qui le bordent vers le Sud-Ouest ouvrent un panorama dont il faudra tirer profit lorsqu’on définira l’emplacement des constructions. Mais il faudra également tenir compte de la ligne électrique moyenne tension qui traverse l’espace. Nous avons aussi planifié les premiers travaux à effectuer : dessouchage après la récolte du maïs en décembre/janvier puis plantation des arbres de clôture au début de la saison des pluies en mai.

Les constructions

Lors du week-end, nous avons eu l’occasion de séjourner dans un village construit par une association française d’architectes et d’ingénieurs. Ce village est aujourd’hui animé par une ONG béninoise qui est prête à nous accompagner dans le suivi de notre projet.

Nous avons été complètement séduits par le charme, le confort et la technique traditionnelle de construction des cases. Sans climatisation ni ventilation, nous avons passé une nuit bien fraîche au chant de la brousse et des oiseaux. Les cases sont regroupées par quatre et disposent chacune d’une salle d’eau avec douche, lavabo et toilettes.

Ce type d’hébergement conviendrait parfaitement à notre projet d’accueil de volontaires. Au-delà de ces cases, nous avons réfléchi à l’ensemble des bâtiments à construire : paillote de restauration, bureau, bâtiment d’accueil périscolaire et case du gardien.

Cases africaines

L’énergie

Le terrain est traversé par une ligne moyenne tension et on peut donc envisager un raccordement au réseau électrique de la SBEE (Société Béninoise d’Energie Electrique). Cependant, malgré les frais élevés de raccordement, cette énergie est peu fiable en raison de nombreux délestages et de coupures pouvant durer plusieurs heures, voire plusieurs jours. Aussi, devons nous envisager un autre mode de production d’énergie, soit complémentaire, soit en site isolé.

Nous avons donc contacté plusieurs sociétés pour chiffrer la mise en place d’une station solaire. Différents éléments sont à considérer : l’estimation de la consommation électrique quotidienne, le rendement énergétique (la couverture nuageuse du Sud-Bénin nous oblige à augmenter les besoins de 30%), la qualité et la durée de vie des matériels (plaques solaires, batteries, …) et les conditions d’importation de ces matériels.

Les techniques agricoles

Avec ses 2 hectares, notre terrain sera en partie réservé à l’application de techniques agricoles liées à l’agroforesterie et aux cultures vivrières à partager avec les villageois qui souhaiteront suivre une formation dans ce domaine. Nous avons donc entrepris la visite du très célèbre Centre Songhaï à Porto-Novo. Fort de son expérience de 25 ans, ce village rural vert a une viabilité socio-économique durable. Songhaï redonne sa noblesse au travail agricole en utilisant des techniques et des méthodes qui valorisent les ressources locales et améliorent la production tout en respectant l’environnement et la vie sociale.

A l’issue de la visite, nous avons acquis de la documentation et rencontré l’un des cadres qui pourra le moment venu nous mettre en relation avec des jeunes ayant été formés par le Centre Songhaï.

Cultures vivrières

La fiscalité d’une ONG béninoise

Nous nous sommes renseignés auprès d’un fiscaliste concernant l’imposition d’une ONG au Bénin. Le gouvernement béninois considère que les ONGs comblent les vides de l’Etat et contribuent au développement de la société civile. C’est pourquoi, les ONGs sont défiscalisées : pas de TVA ni de frais de douane à l’importation. Il faudra tout de même prévoir un petit prélèvement à la source sur la rémunération des prestations de services (1% pour les personnes immatriculées et 5% pour les autres). Par ailleurs, pour fuir les obligations fiscales, le risque dans le temps d’une transformation de l’objectif d’une ONG (sans but lucratif) vers son contraire (activité commerciale) reste permanent au vu de l’appréciation des autorités fiscales. Par conséquent, il faudra respecter les textes et produire bilan et rapport d’activité chaque année.


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