Childrac, une rencontre où l’humanitaire prend tout son sens

Durant cette mission médicale de janvier 2020, lors de leur intervention dans le village de Azohoué Aliho, nos trois bénévoles, Elodie C, Marion et Elodie T témoignent d’une rencontre où l’humanitaire prend tout son sens :

Racontez-nous, que s’est-il passé ?

Lors de notre 2ème journée d’intervention à Azohoué Aliho, un de nos interprètes nous alerte sur un enfant. Nous faisons la rencontre de Childrac, 2 ans, et de sa maman, Gisèle. La maman déshabille son enfant, et nous découvrons avec stupeur un enfant brûlé sur ses cuisses, son ventre et ses fesses … une brûlure sévère au 2nd degré, vraiment impressionnante ! Sa maman nous explique qu’il a renversé une marmite d’eau chaude sur lui … et ce depuis 6 jours !

Nous expliquons à la maman qu’il est primordial de le prendre en charge, sa vie en dépend. Dans un premier temps elle refuse, apeurée par la douleur que pourrait ressentir son enfant, et les coûts associés aux soins. Après de longs échanges, pendant lesquels on lui explique les conséquences graves si on ne soigne pas son enfant, mais aussi tout le protocole de soins, gratuit, et fait avec professionnalisme où le bien-être de l’enfant sera au centre des préoccupations de l’équipe. Elle finit par accepter de faire soigner son enfant.

Dites-nous les filles, qu’avez-vous fait au petit Childrac ?

Tous les jours de la mission, la maman amenait son enfant sur nos lieux d’intervention et nous faisions les soins. Shammesh a pris en charge l’ensemble des frais : pas que les soins, mais aussi tous les frais logistiques pour amener l’enfant sur les lieux de mission qui changent tous les 2 à 3 jours.

Pour les soins, il y avait d’abord la toilette de Childrac, puis l’évaluation des plaies par les infirmières et le médecin. Et chaque jour nous adaptions le protocole de soin, avec une bonne hydratation / graissage de la peau, et un pansement adapté à l’âge de l’enfant.

Parlez-nous de la relation avec Childrac et sa maman ?

Rapidement, une relation de confiance s’est construite des 2 cotés … particulièrement avec Gisèle. La maman a été présente, et très compliante. Elle était même investie et observait nos gestes, jusqu’à contrôler que nous fassions bien les soins. La relation avec l’enfant était plus complexe, car il n’était pas en âge de s’exprimer, et il y avait de la souffrance liée à la douleur. Et pour rendre les soins plus supportables pour Childrac, nous le distrayons comme on pouvait en brousse … des petits massages, un ballon, des sucettes trouvées dans les échoppes des villages … mais ça ne remplaçait pas l’amour de sa maman.

Parlez-nous de vos moments forts ?

Il y en a eu tellement … des bons … et des moins bons aussi !

D’abord, le deuxième jour ! Au moment d’enlever le premier pansement, on se rend compte qu’il avait collé … forcément, ça allait être plus douloureux pour Childrac … et on se souvenait que la peur de la maman était la douleur de son enfant ! … mais il n’y avait pas à réfléchir … et la relation de confiance avec la maman était déjà là ! On a fait le soin tous ensemble.

Ensuite, on se souvient du jour « où il a porté son bonnet » … il supportait de mieux en mieux les soins, et l’état infectieux était écarté. A ce moment-là, de la complicité naissait avec Childrac … un sourire, un regard qui dit « merci ».

Et l’émotion dans les yeux de la maman, son investissement pour la santé de son enfant, et surtout sa reconnaissance envers l’équipe Shammesh ! Sur les derniers jours, elle gâtait l’équipe avec des fruits frais, et on a même reçu chacune un petit souvenir … un bracelet « Love », et sa maman nous a dit, en nous l’offrant, « Love, c’est Childrac » !

En quoi votre rôle de bénévole a été important ?

Pour faire simple, si Shammesh n’avait pas été là, la famille n’ayant pas de ressource, Childrac, déjà brulé depuis 6 jours, aurait fait une septicémie. Shammesh s’est assuré que la maman puisse se déplacer sur l’ensemble des sites d’intervention, et la mission touchant à sa fin, on a formé la maman pour terminer les soins, et donné les produits nécessaires.

C’est certain, on a sauvé la vie de ce petit Childrac … c’est peut-être une goutte d’eau dans l’océan de ceux qui perdent la vie en n’ayant pas accès aux soins, mais sans notre action cette goutte manquerait.


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